La nuit s’étire, lourde, humide. Le vent a tourné, et une fraîcheur me glace la peau, collant la sueur séchée à mon torse. Les liens autour de mes poignets me scient les chairs, mais je n’ose pas bouger. Le bandeau me serre toujours les tempes, et l’obscurité derrière mes paupières closes est si absolue que je me demande si je ne suis pas en train de perdre la raison.
Combien de temps encore ?
Les bruits du camp se sont tus. Même les rires des sentinelles ont disparu, avalés par la forêt. Je n’entends plus que mon propre souffle, court, et le battement sourd de mon cœur. Mon sexe, enfin retombé, pend contre ma cuisse, lourd et sensible. Le tissu du caleçon me râpe la peau à chaque frisson.
Peut-être qu’ils m’ont oublié.
L’idée me traverse comme une lame. Et si c’était ça, la vraie épreuve ? Pas les coups, pas les menaces, mais l’abandon. Rester là, nu, ligoté, jusqu’à l’aube, jusqu’à ce que le froid ou la honte me brisent. Je serre les dents. Non. Ils reviendront.
Un craquement sec, sur ma gauche. Je me fige. Trop proche pour un animal. Trop léger pour un pas. Un frottement contre l’écorce, comme si quelqu’un s’appuyait contre l’arbre voisin. Mon corps se tend, chaque muscle en alerte. Respire. Ne bouge pas.
Un silence. Puis un souffle. Long. Contrôlé. Comme si on m’observait.
Je retiens mon propre souffle, les oreilles tendues. Rien. Juste le vent qui fait grincer les branches. Putain, réponds-moi…
Soudain, un contact. Froid. Métallique. Quelque chose de dur et de lisse glisse le long de ma cuisse, s’arrête à la limite de mon caleçon. Une lame ? Un couteau ? Mon estomac se noue. Ils vont me couper les couilles. Ils vont me…
L’objet remonte lentement, traçant un sillon glacé sur mon ventre, s’attardant sur mon nombril, puis plus haut, jusqu’à effleurer mon sternum. Pas de pression. Juste une caresse menaçante.
« T’as cru qu’on t’avait oublié ? »
La voix est nouvelle. Plus jeune que celle de l’inconnu précédent. Moins rauque, mais tout aussi sûre d’elle. Elle vient de derrière moi, comme si l’homme était adossé au même arbre, juste hors de portée.
Un rire étouffé, complice, résonne à ma droite. Un deuxième.
Une main — chaude, celle-là — se pose sur mon épaule, comme pour me rassurer. Ou pour m’immobiliser. Les doigts s’enfoncent légèrement dans ma chair, comme pour me marquer.
Je sens un souffle chaud contre ma nuque. Puis une langue, large et humide, qui glisse de mon cou jusqu’à mon épaule, traçant un chemin lent, presque paresseux. Pas comme l’autre. Celui-là prend son temps.
Je compte mentalement : deux présences. L’une à ma gauche, debout, son corps se collant contre mon flanc, son bras passé autour de ma taille pour me maintenir en place. L’autre devant moi, accroupi, car ses mains effleurent mes cuisses, remontent lentement vers mon ventre.
Un bruit de ceinturon qu’on défait, à ma gauche. Puis un frottement de tissu : un pantalon qu’on baisse, un caleçon qu’on écarte. Le premier soldat. Sa main, la sienne, se referme sur mon sexe, le serre juste assez pour me faire tressaillir. Pas douloureux. Possessif.
« T’as aimé ma bouche, hein ? » murmure-t-il contre mon oreille, son souffle brûlant. « Maintenant, c’est à toi de t’occuper de lui. »
Un frisson glacé me parcourt l’échine. Non. Pas ça. Une frayeur s’empare de moi, brutale, à l’idée qu’il veuille m’obliger à sucer son copain. Putain, ils vont me forcer à… Mon estomac se noue, mes doigts se crispent contre les liens, comme si je pouvais encore me dégager.
Puis, très vite, je comprends.
Un rire étouffé résonne contre ma nuque. « T’inquiète, soldat… T’as déjà assez donné comme ça. »
Je sens le deuxième soldat s’agenouiller devant moi. Ses mains, chaudes et pleines de callosités, saisissent mes hanches, ses doigts s’enfonçant dans ma chair pour me tirer légèrement vers lui. Son souffle, chargé d’une excitation à peine contenue, effleure mon sexe. Il laisse échapper un gémissement étouffé, presque un soupir de soulagement.
« Putain… » murmure-t-il, sa voix vibrante d’admiration. « Tu avais raison… T’es vraiment… parfaite et super bien monté. »
Ses doigts glissent le long de ma verge, effleurant chaque veine, chaque relief, comme s’il en dressait une carte. « T’es… impressionnant », murmure-t-il, sa voix vibrante d’une admiration presque gênée. « J’ai jamais vu un soldat aussi… prêt après une telle épreuve. »
Il se penche davantage, et je sens son souffle chaud contre la peau tendue de mon bas-ventre. Puis, sans avertissement, sa langue trace un chemin brûlant le long de ma cuisse, s’attardant sur les poils, comme s’il voulait en savourer chaque texture. « T’as un goût… d’homme », grogne-t-il, sa voix rauque. « Pas comme ces gaminets de la caserne. »
Ses mains remontent, saisissent la base de mon sexe, et il commence à faire glisser mon prépuce avec une lenteur exaspérante, révélant mon gland avant de le laisser revenir en place, encore et encore. « T’es déjà circoncis ? Non… T’es entier… » Sa voix est un mélange de surprise et de désir brut. « J’adore ça. J’adore te préparer. »
Il se redresse légèrement, et je sens son nez effleurer mon pubis, inhaler profondément. « T’as l’odeur de la sueur, du soleil… et de sperme séché », murmure-t-il, sa voix tremblante d’excitation. « Et… un peu de pisse aussi. » Un silence. Puis, plus bas, presque un aveu : « Putain… j’adore ça. » Sa langue revient, plus avide, et il commence à lécher mon pubis avec une lenteur calculée, comme s’il voulait en savourer chaque trace. « T’es parfait comme ça. Vrai. Un vrai mec ! T’es encore plus beau que ce qu’il m’a dit. »
Il se redresse, ses doigts toujours enroulés autour de la base de mon sexe. Puis, je sens un déplacement d’air, un frottement de tissu contre mes cuisses. Il se place devant moi. Je ne peux pas le voir, mais je le devine. Son corps se positionne, sa chaleur se rapproche, son souffle devient plus court, plus chargé.
« T’es prêt ? » murmure-t-il, sa voix rauque de désir.
Je n’ai pas le temps de répondre. Une pression contre mon gland, puis une chaleur serrée, presque brûlante, qui m’enveloppe d’un coup. « Putain… T’es… encore plus gros que ce qu’il m’avait dit… » Sa voix est brisée, comme s’il avait du mal à parler.
Et puis, l’inconnu pour moi, une vraie première. Ce n’est pas une bouche. Ce n’est pas une main. C’est son anus.
Mon sexe, jusqu’ici seulement connu par mes propres mains et la bouche de son copain, toute à l’heure, , est engouffré dans une chaleur étouffante, palpitante, qui le serre, le comprime, le possède. C’est ça, la sodomie ? Une sensation inconnue, interdite, qui me fait tressaillir de la tête aux pieds.
Je retiens un gémissement. Putain. Putain.
Ses hanches se soulèvent légèrement, comme pour s’ajuster, puis il commence à bouger, lentement. Chaque mouvement me fait frémir, non pas de douleur, mais d’une sensation nouvelle, comme si mon corps tout entier se concentrait là, dans cette chaleur humide, dans cette pression rythmée.
Je sens ses hanches bouger, lentement, m’engloutissant un peu plus à chaque mouvement. « Putain… T’es… putain, t’es énorme… » gémit le deuxième soldat, sa voix brisée par le plaisir et l’effort. « J’ai jamais… jamais pris un truc aussi gros… » Il halète, ses doigts s’enfonçant dans mes hanches comme pour se raccrocher à quelque chose de stable. « T’es sûr que… t’es sûr que c’est ta première fois ? Parce que… putain… t’as l’air de savoir drôlement y faire. »
Ses mouvements deviennent plus amples, plus exigeants. « T’es dur comme du béton, mec… » murmure-t-il, sa voix tremblante. « Et si chaud… Putain, j’ai l’impression que t’es fait pour ça. » Il s’empale plus profondément, et je sens son souffle devenir plus court, plus saccadé. « T’es… t’es parfait, soldat. »
Il se retire presque complètement, ne gardant que le bout de mon sexe en lui, puis s’empale à nouveau, plus fort, plus profond. « Ah… putain… » gémit-il, sa voix se brisant. « T’es en train de me défoncer… et j’adore ça. » Ses hanches accélèrent, chaque mouvement plus désespéré que le précédent.
« T’es à moi maintenant… » murmure-t-il, comme pour lui-même. « Mais… putain… » Sa voix devient plus rauque, plus urgente. « Essaye… Essaye de me donner des coups de reins, soldat. » Il halète, ses doigts s’enfonçant dans mes hanches. « Montre-moi que t’es pas qu’un petit con passif. »
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